Les dettes engendrées par Jobs rendent Wayne anxieux, la nature du contrat de partenariat le rendant responsable des dettes contractées par Apple. Pas plus tard que le 12 avril, soit moins de deux semaines après la création d'Apple, Wayne quitte le bateau puisque peu confiant quant à l'avenir d'Apple. Il renonce alors à son intéressement de 10 % pour un paiement unique de 800 US$. Sachant aussi que Wozniak ne demande la libération juridique de son ordinateur d'HP que le 28 avril et l'obtient heureusement le 5 mai suivant.
Avec les délais serrés à tenir, Jobs demande à sa sœur Patti et son camarade du Reed College, Daniel Kottke, de les rejoindre pour monter les ordinateurs du Byte Shop, ils sont payés 1 US$ par circuit imprimé pour y insérer des puces. Contrairement à certains écrits, la production d'Apple ne commence pas dans le garage des parents de Steve Jobs, mais dans une des chambres du 11161 Crist Drive à Los Altos (devenu 2066 en 1983), où se trouvait le domicile familial.
Ce n'est qu'une fois que le désordre eût empli la chambre qu'ils ont transféré leurs activités dans le garage.
Lorsque Jobs apparaît au Byte Shop pour livrer les ordinateurs, Terrell se consterne de le voir arriver avec seulement des cartes mères équipées de quelques composants, alors qu'il lui avait clairement demandé des ordinateurs complètement montés avec une alimentation, un clavier et un boîtier. Toutefois, Terrell tient sa parole et paye Jobs, puis se charge de trouver les éléments manquants dont un boîtier en bois fait à la main.
Avec ces 50 machines vendues, Apple fait environ 8 000 US$ de bénéfices, ce qui donne à Steve Jobs l'ambition d'étendre l'activité d'Apple, mais cela nécessite plus d'argent que généré.
Markkula et l'Apple II: Apple II.
Listes des premiers employés
d'Apple Computer Inc.
Steve Wozniak
Steve Jobs,
Mike Markkula,
Bill Fernandez,
Rod Holt,
Randy Wigginton,
Michael Scott,
Chris Espinosa.
Alors à la recherche d'investisseurs, Jobs se tourne vers son ancien patron, Nolan Bushnel, qui lui recommande de rencontrer Don Valentine de la société capital risque Sequoia Capital, qui quelques années plus tôt aida Atari. Valentine, peu intéressé à l'époque, le renvoie vers Mike Markkula, qui s'était monté une petite fortune avec ses stock options faites chez les fabricants de semi-conducteurs Intel et Fairchild Semiconductor. Fin 1976, les Apple Computer ne sont vendus que dans seulement 10 boutiques aux États-Unis. Markkula établit un objectif de croissance des revenus à 500 millions d'US$ en 10 ans. Pour rendre cela réalisable, il investit 92 000 US$ de sa poche dans la société et co-signe un prêt de 250 000 US$ contracté auprès de la Bank of America.
Le financement de la société étant assuré, Steve Jobs, Mark Markkula et Steve Wozniak signent l'acte d'incorporation le 3 janvier 1977, actant la création officielle d'Apple Computer Inc. Afin d'éviter quelques problèmes légaux, la firme rachète le partenariat pour 5 308,96 US$, dont un tiers est envoyé à Ron Wayne malgré son départ. Pensant que la société avait besoin d'une direction expérimentée au cas où la société réaliserait son business plan ambitieux, Markkula se tourne vers Michael Scott, ex-collègue lorsqu'il travaillait chez Fairchild. Scott accepte le poste en février 1977 pour un salaire initial annuel de 26 000 US$, ce qui ne correspond qu'au tiers de ce qu'il gagnait lorsqu'il était directeur de la fabrication chez National Semiconductor. Une fois à la tête d'Apple, il met en place une organisation interne avec des badges d'identification numérotés en fonction de la date d'embauche. Il se réserve le #7, son chiffre porte-bonheur et attribue à Wozniak, le numéro 1, car selon lui, sans sa conception brillante de l'Apple I, il n'y aurait pas d'Apple.
Alors que Steve Wozniak travaille sur le futur Apple II, Steve Jobs s'oriente sur son aspect. Il avait horreur des boîtiers en métal des ordinateurs de l'époque et préférait avoir pour l'Apple II, un boîtier en plastique dessiné par des professionnels qui plairait plus facilement au grand public. De plus, le logo dessiné par Wayne, lui paraît trop cérébral et difficilement reproductible à petit taille. Il engage donc, début 1977, les services de la Regis McKenna Advertising pour dessiner le nouveau logo (la pomme), le logotype (Motter Tektura), et réaliser la première publicité professionnelle d'Apple. Le logo de la pomme est l'œuvre de Rob Janoff ; les couleurs témoignent de la capacité de l'Apple II à afficher des couleurs, et la morsure sur la droite évite que la pomme ressemble trop à une tomate cerise
.
Le boîtier de l'Apple II quant à lui est conçu par Jerry Manock, qui réalisa également celui de l'Apple III et du Macintosh.
L'Apple II est lancé le 17 avril 1977 lors du West Coast Computer Faire (en) qui se tient à San Francisco. Les ventes se portent bien et permettent en août 1977 à Apple d'atteindre un flux de trésorerie positif qui permet à Michael Scott de négocier avec Microsoft une licence de huit ans de leur langage BASIC gérant la virgule flottante pour 21 000 US$. Il est ensuite adapté pour l'Apple II, par Randy Wigginton entre autres. Parmi les éléments qui ont fait le succès de l'Apple II, se trouve le lecteur de disquette 5 " ¼ maison, le Disk II , vendu à partir de juillet 1978 pour 595 US$, faisant de lui le lecteur le moins cher à l'époque.
VisiCalc, premier tableur pour ordinateur personnel, développé par Dan Bricklin et Bob Frankston , uniquement disponible sur Apple II, eut aussi un rôle dans son succès. Lancé quelques mois après le lancement de l'Apple II Plus en juin 1979, 200 000 exemplaires de VisiCalc sont vendus, faisant d'elle l'une des premières killer applications, qui justifie à elle seule l'achat d'un Apple II.
Ne comptant pas sur un succès éternel de l'Apple II, Apple lance en 1979 trois projets distincts destinés à développer trois machines différentes : l’Apple III, l’Apple Lisa et le Macintosh.
Apple story 3
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